RD Congo : un nouvel ouvrage retrace les coulisses de l’inscription de la rumba congolaise à l’UNESCO
[ Note de la rédaction : Cet article a été republié dans une version enrichie comprenant des citations et commentaires supplémentaires de l’auteur ]
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Un nouvel ouvrage consacré à la rumba congolaise vient de paraître, offrant un éclairage inédit sur les coulisses de son inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Intitulé Rumba congolaise, la reconnaissance de l'UNESCO, le livre est signé par le spécialiste des industries culturelles, Ribio Nzeza Bunketi Buse.
Le livre Rumba congolaise, la reconnaissance de l'UNESCO, est signé par le spécialiste des industries culturelles, Ribio Nzeza Bunketi Buse.
Publié le 5 février 2026 aux éditions L’Harmattan, cet ouvrage de 218 pages revient sur un moment historique pour les deux Congo, couronné en décembre 2021 avec la reconnaissance officielle de la rumba congolaise par l’UNESCO. Cette inscription, fruit d’une collaboration entre la République démocratique du Congo et la République du Congo, a marqué une étape majeure dans la valorisation du patrimoine musical africain à l’échelle internationale.
Dans ce livre, l’auteur propose une lecture originale du processus d’inscription à travers une narration structurée en « scène en 10 actes ». Il y met en lumière le travail de la commission scientifique mixte, au sein de laquelle il a joué un rôle central en tant que rapporteur. Le récit s’ouvre sur une dimension autobiographique avant de s’élargir à une réflexion sur les enjeux de sauvegarde, de transmission et de promotion de la rumba congolaise.
Comme il l’explique dans l’ouvrage, « la rumba congolaise a un fort ancrage sociologique et des implications sociales. Les traces sont visibles. Il était question de les mettre à la lumière du jour tout en les malaxant à la sauce des exigences du dossier de candidature à soumettre au Secrétariat de la Convention de 2003 ». Une démarche qui témoigne de la nécessité de traduire une réalité culturelle vivante dans le langage normatif exigé par les mécanismes internationaux de reconnaissance patrimoniale.
Parmi les dix actes qui structurent le récit, Ribio Nzeza considère l’acte VIII, consacré à la finalisation et au dépôt de la candidature, comme le moment le plus décisif du processus. « Tout le travail accompli pendant plusieurs années pouvait être compromis par une simple erreur technique ou administrative au moment du dépôt du dossier », explique-t-il.
À cette étape cruciale, il fallait harmoniser les documents transmis par les deux pays, réunir les autorisations nécessaires, produire une vidéo de dix minutes conforme aux exigences de l’UNESCO et coordonner la signature du dossier par les autorités des deux États, dans un contexte fortement perturbé par la pandémie de Covid-19.
À ces contraintes logistiques s’est ajoutée une épreuve humaine particulièrement douloureuse : la disparition de Mfumu Fylla Saint Eudes, vice-président de la commission mixte de rédaction de la candidature et président de la commission scientifique de la République du Congo. « C’était une perte énorme. Il fallait des nerfs solides pour poursuivre le combat pour lequel nous nous étions tous engagés », confie l’auteur.
Au-delà du récit institutionnel, l’ouvrage propose également une synthèse accessible de l’histoire de la rumba congolaise et de ses multiples ramifications culturelles. Des contributions consacrées à la SAPE et au tourisme culturel viennent enrichir l’analyse, mettant en évidence l’influence de la rumba bien au-delà du seul champ musical. Une annexe originale recense par ailleurs 500 « mabanga », ces dédicaces devenues emblématiques dans la musique congolaise moderne.
L’auteur insiste également sur le rôle que la rumba peut continuer à jouer comme vecteur de rapprochement entre les peuples et outil de diplomatie culturelle. Selon lui, « il y a nécessité d’un sursaut des deux rives, des deux capitales villes créatives en musique de l’UNESCO, en plus gratifiées du label de Capitales africaines de la culture 2024-2025, pour porter haut ce trait d’union qu’est la rumba congolaise qui a tant à donner sur les plans social, économique, politique et diplomatique ».
Universitaire reconnu, Ribio Nzeza Bunketi Buse enseigne la communication à l’Université catholique du Congo et à l’Université de Kinshasa. Ancien président de la Fondation Music in Africa, il occupe aujourd’hui le poste de directeur du département Culture à l’Université Senghor d’Alexandrie. Son implication directe dans le processus d’inscription confère à cet ouvrage une valeur documentaire et analytique particulière.
Avec cette publication, l’auteur apporte une contribution importante à la documentation de la rumba congolaise, à la fois comme expression artistique majeure et comme patrimoine vivant en constante évolution. Au-delà de la reconnaissance internationale obtenue en 2021, cette aventure a également constitué pour lui une expérience profondément formatrice. « J’ai compris que rien ne vaut le fait de travailler pour une cause noble, celle de sa communauté, en y apportant tout ce que l’on a afin de faire avancer la société », conclut-il.






















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