Nécrologie : La légende ghanéenne de la musique highlife, Ebo Taylor, est décédée à 90 ans
Le musicien et compositeur ghanéen de highlife Ebo Taylor est décédé le 7 février à l’âge de 90 ans. Sa famille a confirmé la nouvelle, sans toutefois préciser la cause du décès au moment de la publication.
Le regretté Ebo Taylor lors de la remise du Music In Africa Honorary Award (Ghana, 2019) en compagnie de Maimouna Dembélé, et Ribio Nzeza Bunketi Buse, anciens président de la fondation. (Photo). Paul Addo Photography.
Sa disparition intervient six ans après qu’il a reçu le Music In Africa Honorary Award lors de l’ouverture de la Music In Africa Conference for Collaborations, Exchange and Showcases (ACCES) à Accra, le 28 novembre 2019. Il avait alors été honoré aux côtés de la musicienne ghanéenne Bibie Brew. Ce prix, décerné par la Music In Africa Foundation, distingue des artistes dont l’œuvre a eu un impact majeur sur leurs scènes nationales et, plus largement, sur la musique africaine.
L’annonce de sa mort a suscité une vague d’hommages de la part d’artistes et de figures culturelles. L’ancien directeur du festival Sauti za Busara, qui fut également membre du Conseil d'Administration Music In Africa Yusuf Mahmoud, a écrit sur ses réseaux sociaux : « L’Afrique a perdu un autre géant de la musique. Triste d’apprendre le décès hier d’Ebo Taylor du Ghana, à 90 ans, qui était la tête d’affiche de Sauti za Busara en 2014. »
Né Deroy Taylor en 1936, Ebo Taylor a mené une carrière s’étendant sur plus de six décennies. Figure centrale du développement du highlife ghanéen, il a joué un rôle clé au sein de groupes comme les Stargazers et le Broadway Dance Band à la fin des années 1950. Son influence a dépassé les frontières du Ghana en 1962, lorsqu’il s’est installé à Londres avec le Black Star Highlife Band et a collaboré avec de nombreux musiciens africains, dont le pionnier de l’afrobeat Fela Kuti.
Il a également contribué à l’essor de plusieurs artistes ghanéens de premier plan, en produisant notamment Pat Thomas et CK Mann. Plus tard, il a travaillé avec le saxophoniste basé en Allemagne Ben Abarbanel-Wolff sur l’album Love and Death. Sa musique a connu un regain d’intérêt international dans les années 2000 grâce au sampling, notamment en 2009 lorsque le chanteur américain Usher a repris son titre « Heaven » pour le morceau « She Don’t Know », avec Ludacris.
Ces dernières années, ses enregistrements ont continué de circuler à l’échelle mondiale via des samples dans le hip-hop et le R&B. Des titres comme « Heaven », « Odofo Nyi Akyiri Biara » et « Love & Death » ont été repris par des artistes tels que les Black Eyed Peas, Kelly Rowland, Jidenna, Vic Mensa et Rapsody, permettant à de nouvelles générations de découvrir son œuvre.
Ebo Taylor est largement considéré comme l’une des figures les plus influentes de l’histoire de la musique ghanéenne, dont l’héritage a façonné le highlife et contribué à connecter la musique populaire africaine aux publics du monde entier.































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