Fally Ipupa signe XX , une fresque musicale aux multiples visages
Fally Ipupa a dévoilé ce vendredi 17 avril 2026 son huitième album studio, XX. Pensé comme une œuvre en deux temps, ce projet s’ouvre avec une première partie dense et maîtrisée, avant une suite annoncée en juin sous le titre , XX Delirium.
Ph. Dr Tiers
Fally Ipupa pose les bases d’un projet ambitieux. XX s’inscrit dans une logique de maturité artistique, avec une écriture précise, une voix parfaitement contrôlée et une direction musicale assumée. L’ensemble se distingue par son équilibre et sa capacité à maintenir l’attention, sans tomber dans la surenchère. L’artiste construit un univers cohérent, où chaque titre trouve sa place.
À ce stade de sa carrière, Fally Ipupa ne cherche plus à se conformer. Il s’installe ailleurs. Dans une zone qui lui est propre. XX traduit cette posture. L’artiste s’autorise des explorations au-delà de l’urbain francophone, en intégrant des influences variées. « Pour mes 20 ans de carrière, j’avais vraiment besoin de m’éclater », confie-t-il. Une déclaration qui éclaire la liberté artistique perceptible tout au long du projet.
Cette ouverture se reflète également dans le choix des collaborations. Autour de lui, des profils venus de plusieurs horizons. Wizkid, Angélique Kidjo, Joé Dwèt Filé, Lokua Kanza, le sud-africain DJ Maphorisa ou encore Calema apportent chacun une couleur spécifique. À cela s’ajoutent Guy2Bezbar, SDM, KeBlack et Trésor Riziki, qui participent à cette dynamique plurielle. L’album se construit ainsi comme une passerelle entre les scènes africaines, européennes et diasporiques.
Dès l’entame avec « Cinéma », le ton est donné. Les sonorités ouest-africaines s’imposent, portées par une production fine et une écriture tournée vers le registre sentimental. Fally Ipupa enchaîne ensuite avec « Pepele » aux côtés de Guy2Bezbar, avant de revenir à une intensité émotionnelle plus marquée dans « Deuxième Maman ». L’artiste y déploie son identité de lover, avec des formules directes et efficaces.
Dans « Alifa », le choix de l’anglais confirme une volonté claire d’élargir son audience. Aucun passage en français, une interprétation entièrement tournée vers la zone anglophone. Cette orientation se prolonge dans « Just for you » avec Angélique Kidjo et dans « Jam » avec Wizkid. Fally Ipupa construit ici un pont vers le marché anglophone, sans renier son identité.
L’ancrage congolais reste toutefois présent. « S'il était possible » introduit une touche de rumba revisitée, intégrée dans une esthétique plus globale. Une manière de rappeler ses racines tout en poursuivant son ouverture. L’équilibre entre tradition et modernité constitue l’un des fils conducteurs de cet opus.
Dans la dernière ligne droite, « Bapaya » marque un moment fort. Écrit par Lokua Kanza, le titre se distingue par la finesse de son texte et sa portée universelle. Le message se veut rassembleur, presque philosophique. La version physique ajoute « Goût danger », qui prolonge le registre amoureux déjà omniprésent.
Au final, XX s’impose comme une œuvre dense et réfléchie. Fally Ipupa confirme sa capacité à évoluer sans rupture brutale. Il avance, ajuste, expérimente. « Je suis quelqu’un qui aime prendre des risques. J’ai toujours voulu faire évoluer ma musique », explique-t-il. Une ligne directrice qui structure cet album et qui témoigne d’un artiste en mouvement, conscient de son époque et de ses enjeux.
XX est disponible sur toutes les plateformes de streaming.






















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