Timitar 2025 : vingt ans de musique amazighe et de dialogue africain à Agadir
Du 17 au 19 décembre 2025, à la veille de la Coupe d’Afrique des Nations, Agadir devient la scène d’un rendez-vous unique : la 20ᵉ édition du Festival Timitar, célébrant les musiques amazighes et les échanges avec les scènes africaines et internationales. Trois soirées pour comprendre comment un festival populaire raconte l’Afrique autrement.
Les 17, 18 et 19 décembre 2025, Agadir accueille la 20ᵉ édition du Festival Timitar, juste avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nation
Timitar 2025 : vingt ans de musiques amazighes et de rencontres avec les nouvelles scènes africaines
Une édition anniversaire à la veille de la CAN
À Agadir, les 17, 18 et 19 décembre 2025, le Festival Timitar s’apprête à marquer un cap symbolique : vingt ans d’existence. Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le festival arrive à la veille du lancement de la Coupe d’Afrique des Nations, dont plusieurs matchs se joueront dans la ville. Cette coïncidence de calendrier offre à Timitar une visibilité exceptionnelle auprès des médias internationaux et confirme son rôle de premier grand rendez-vous culturel avant la compétition sportive.
Depuis sa création en 2004, Timitar a su durer et s’affirmer comme un festival de référence au Maroc et en Afrique, grâce à sa signature fondatrice : « les artistes amazighs accueillent les musiques du monde ». L’événement dépasse le simple cadre musical pour incarner un dialogue culturel et artistique ouvert, où les traditions amazighes dialoguent avec les scènes africaines et internationales.
17 décembre : L’Afrique en partage
La soirée d’ouverture met l’Afrique au centre du récit. La création Ahwach Bnat Louz x Raskas, inspirée de Tekchbila, mélange poésie amazighe, rythmes du Souss et textures électroniques pour un dialogue inédit entre tradition et modernité.
Fatima Tabaamrant, figure emblématique du chant amazighe et de l’engagement culturel, rappelle que la musique est aussi un vecteur de mémoire et de résistance. À ses côtés, Alpha Blondy, légende ivoirienne du reggae, incarne une Afrique musicale consciente et engagée. Shan’L, Krys M et Isabel Novella apportent la fraîcheur d’une scène africaine plurielle et moderne, tandis que Hicham Massine rend hommage à Ammouri M’barek, pionnier de la modernisation de la chanson amazighe.
18 décembre : Entre Orient et Méditerranée
La deuxième soirée élargit le regard vers les mondes oriental et méditerranéen. Les scènes urbaines égyptiennes, représentées par Double Zuksh et Wegz, mêlent hip-hop et musiques électroniques pour un message générationnel et social. Izenzaren, groupe mythique fondé dans les années 1970, illustre la continuité de la modernité amazighe.
L’hommage de Marwa Nagy, accompagnée par l’Orchestre Hicham Telmoudi, résonne comme un acte de reconnaissance des grandes voix orientales. Le groupe AZA, basé en Californie, montre comment les diasporas nord-africaines font dialoguer patrimoine et influences contemporaines, renforçant la dimension internationale de Timitar.
19 décembre : Le Maroc au cœur
La dernière soirée explore le patrimoine musical marocain et les nouvelles générations. Ahwach Aglagal, troupe de l’Anti-Atlas, propose des performances immersives mêlant chant, danse et poésie. Khalid Al Waabani, Nacim Haddad et Jaylann incarnent une scène marocaine plurielle, entre tradition et pop contemporaine.
Badr Ouabi rend hommage à Mohamed Rouicha, maître du loutar, tandis que Labess, avec son style « gipsy-chaâbi », illustre la richesse des fusions musicales et des thématiques liées à l’exil et à l’identité.
Des lieux emblématiques pour trois jours de musique
Les concerts se dérouleront chaque soir à partir de 18h00 sur deux sites clés : la Place Al Amal, récemment réaménagée, et le Théâtre de Verdure, restauré pour accueillir concerts et captations audiovisuelles. Ces espaces traduisent la volonté d’Agadir de faire de la culture un moteur urbain et social, offrant au public un cadre moderne et accessible.
Un festival populaire et inclusif
Gratuit et ouvert à tous, Timitar reste fidèle à son ADN populaire. Son succès repose sur l’engagement des bénévoles, la fidélité du public gadiri et le soutien des institutions locales et nationales. Au-delà de la musique, le festival propose un message clair : la culture amazighe est vivante, en dialogue constant avec l’Afrique et le monde. À quelques jours de la CAN, Timitar rappelle que la musique est l’un des langages les plus puissants pour raconter les histoires, les tensions et les espoirs du continent.




























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