YouTube cesse de fournir ses données à Billboard : quelles conséquences pour la musique africaine ?
YouTube a annoncé qu’il ne partagera plus ses données de streaming musical avec Billboard, la référence américaine des charts, à partir de janvier 2026.
Pour les artistes africains, cette décision pourrait modifier leur visibilité sur les charts internationaux.
Une décision qui marque un tournant dans la manière dont la popularité des morceaux sera mesurée et pourrait avoir des répercussions indirectes pour les artistes africains, dont la visibilité sur les plateformes mondiales est souvent liée aux classements internationaux.
Dans un billet publié sur son blog officiel, YouTube explique que Billboard favorise depuis 2018 les flux provenant d’abonnements payants par rapport aux flux financés par la publicité lorsqu’il calcule ses classements. Pour YouTube, cette méthode ne reflète pas fidèlement la façon dont les fans interagissent avec la musique aujourd’hui, notamment sur un continent comme l’Afrique, où une large part des internautes écoute via des versions gratuites ou financées par la publicité, faute d’accès généralisé aux abonnements premium.
« Billboard utilise une formule dépassée qui surpondère les flux payants par rapport aux flux publicitaires », déclare Lyor Cohen, responsable mondial de la musique chez YouTube. « Cela ignore l’engagement massif des fans qui n’ont pas d’abonnement. »
Billboard, qui intègre les données de YouTube depuis 2013, a annoncé récemment une révision de sa formule : le nombre de flux requis pour qu’un album soit comptabilisé sera réduit, passant de 1 250 à 1 000 flux payants et de 3 750 à 2 500 flux financés par la publicité. Mais ces ajustements ne suffisent pas à YouTube, qui souhaite une pondération égale pour tous les types de flux.
Pour les artistes africains, cette décision pourrait modifier leur visibilité sur les charts internationaux. Des clips massivement visionnés sur YouTube depuis Lagos, Abidjan ou Nairobi ne seront plus pris en compte dans le calcul des positions sur le Billboard Hot 100. Cela souligne une tension persistante entre les plateformes mondiales et les systèmes de mesure traditionnels, et pose la question de l’adaptation des indicateurs de succès aux réalités africaines, où l’accès au streaming payant reste limité.
Au-delà des chiffres, cette rupture illustre une tendance plus large : les plateformes veulent que leur écosystème soit valorisé de manière autonome, sans que les règles imposées par des médias étrangers ne dictent la reconnaissance des artistes. Pour la musique africaine, en pleine expansion sur YouTube et autres plateformes numériques, c’est un rappel que la popularité réelle des morceaux ne se résume pas toujours à un classement américain.





























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