Deezer met son outil de détection IA au service de la Sacem
La plate‑forme de streaming musicale Deezer franchit une nouvelle étape dans la lutte contre la fraude liée aux contenus générés par intelligence artificielle (IA) en concédant sous licence sa technologie de détection à la Sacem, la société française chargée de la gestion des droits d’auteur. Cette collaboration marque un tournant dans la façon dont l’industrie musicale entend protéger les créateurs face à l’explosion de la musique générée par IA.
Deezer met son outil de détection IA au service de la Sacem.
Développée par Deezer, cette technologie analyse les signaux audio pour repérer des motifs caractéristiques des générateurs de musique par IA — comme Suno ou Udio — même lorsqu’ils échappent à l’oreille humaine. En 2025, elle a permis à Deezer d’identifier et d’exclure jusqu’à 85 % des flux considérés comme frauduleux dans sa part de revenus dédiée aux droits, après avoir porté la détection à plus de 13,4 millions de pistes issues de l’IA.
Le volume de musique entièrement générée par IA sur la plate‑forme a explosé : Deezer reçoit désormais environ 60 000 titres synthétiques chaque jour, ce qui représente près de 39 % des musiques téléchargées quotidiennement — un bond spectaculaire par rapport à l’année précédente.
En France, cet outil a déjà permis de filtrer des millions de titres frauduleux et de sécuriser les revenus des artistes légitimes. Pour l’Afrique francophone, ce type de technologie pourrait devenir un atout majeur afin de protéger les droits des musiciens émergents face à l’essor des contenus musicaux générés par IA particulièrement sur les plateformes de streaming.
Pour Deezer, rendre cette technologie accessible à d’autres acteurs est un moyen de renforcer la transparence dans l’écosystème du streaming et de protéger les revenus des artistes et auteurs réels. La Sacem est ainsi l’un des premiers partenaires à tester cet outil — un signal fort dans un contexte où les capacités de création musicale automatisée brouillent de plus en plus la frontière entre œuvres humaines et contenus générés par machines.
Reste que certains acteurs du secteur estiment que la seule technologie ne suffit pas à résoudre les enjeux de copyright liés à l’IA : selon eux, un cadre clair autour des licences et une transparence totale sur les données utilisées pour entraîner les modèles seraient essentiels pour éviter la fraude à la source.




























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