100% femme et funky, Queen Rima joue avec les codes dans son clip “Wogbo”
Créatrice de son propre label, Ouria Music, l’artiste de Conakry a rejoint le label RFI Talents en septembre 2025. Si Queen Rima doit encore apprendre, c’est avec beaucoup de professionnalisme et la tête sur les épaules, qu’elle gère une étape décisive de sa carrière et sa percée sur le territoire européen. A l’occasion de la remise du Prix Découvertes RFI attribué cette année à l’artiste béninois OPA, Queen Rima était présente aux côtés de MC Solaar, président du jury 2026.
Scène du clip Wogbo
Queen Rima et MC Solaar, annonce du lauréat 2026 du Prix RFI Découvertes
MC Solaar a marqué le paysage musical français dans les années 90 par ses textes, son phrasé, sa musicalité. Il a été le premier à populariser le rap. Sa notoriété et ses choix ne l’ont pas enfermé dans les codes réducteurs liés à cette esthétique. Les grands chanteurs dotés d’un supplément d’âme et d’une créativité prolifique font figure d’exception. Leur art s’adresse à toutes les générations et ouvre des voies aux artistes émergents.
MC Solaar fait partie de ce panthéon francophone. Sa discrétion ajoute à l’aura dont ce pionnier bénéficie encore aujourd’hui. L’industrie musicale et nos références ont radicalement changé depuis les années 90-2000. Queen Rima est née et a grandi dans un monde connecté, saturé d’information, avec une chance singulière : elle est guinéenne.
Profondément enracinée dans sa culture, la persévérance à croire dans ses rêves au milieu des siens au lieu de choisir l’exil fait d’elle une voix capable de se faire entendre dans le grand concert du monde.
Grâce au succès d’estime qui accompagne ses victoires successives, Queen Rima est à son tour une figure d’avant-garde. Exigeante, libre, engagée sur la cause des femmes, la danseuse hip hop devenue autrice-compositrice-interprète dessine un horizon dans un registre auquel elle n’était pas prédestinée, le dancehall. Elle ne laisse rien au hasard et cela lui réussit.
Lunettes de marque sur le nez, Queen Rima joue à fond son statut de star internationale dans son nouveau clip tourné à Paris. Couronnée en 2025 par le prestigieux Prix Découvertes RFI, l’artiste dancehall prépare la sortie de son premier album.
De retour en France, Queen Rima s’est distinguée sur scène au festival Africapitales, dont la Guinée était l’invitée d’honneur. A Rouen, elle était à l’affiche du festival Francobeats les 27 et 28 mars. La première captation live mondiale de Wogbo s’est faite en présence d’un des piliers du rayonnement des artistes et des œuvres à l’international, Malick Kebé, directeur du FODAC (Fondation pour le Développement des Arts et de la Culture).
Paris, la capitale de tous les rêves, de tous les défis, ne fait pas tourner la tête à Queen Rima qui s’y sent déjà chez elle. La scène du lavomatique dans son nouveau clip ramène à la vie quotidienne des jeunes femmes de la diaspora. Queen Rima aime jouer sur les codes, mais elle chante pour avoir quelque chose à dire.
Sa grâce naturelle crève l’écran. Les postures empruntées de la coqueluche bimbo adepte du rose fluo la mettent en scène à l’américaine. La femme forte, parfois rebelle, qui ne se laisse pas raconter d’histoire, n’est jamais loin.
Dans Wogbo, on retrouve l’amour de la danse et l’énergie du groupe si précieuses pour Queen Rima. Elle est dans son élément, cela se sent à chaque plan. Le titre offre une ritournelle facile à retenir, à reprendre en chœur. La ligne mélodique s’accompagne de jolies trouvailles. Entre soussou et français habilement mélangés, l’expression vieillotte Patati Patata redevient une gourmandise dans le flow de Queen Rima.
Les passionnés d’image apprécieront les mouvements de caméra autour des danseuses. Entre les lignes, en 3’15, Queen Rima réussit le pari de faire passer des messages. Elle s’appuie sur son propre parcours semé d’embûches, elle dit qu’accéder au rang de star internationale demande beaucoup d’efforts, de courage et de confiance, elle rappelle qu’elle n’entend oublier ni qui elle est, ni le public africain qui lui a donné les clés pour croire en son destin.
Ce clip magnifiquement orchestré par Derkapolo propulse Queen Rima en France au niveau des meilleures artistes de la diaspora, alors que Queen Rima n’avait jamais eu l’opportunité de pouvoir quitter le continent africain. Music in Africa vous invite à découvrir l’interview de l’artiste dans l’émission Afronight animée par Serge Fattoh.

























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